L’obsolescence programmée

obsolescence programmée

Cela pourrait rebuter de recourir à son portefeuille pour avoir une nouvelle imprimante car celle qu’on vient d’acquérir il y a juste 3 mois a rendu l’âme sans crier gare. Et cette fois il ne s’agit plus d’un problème de cartouche vide. Si ce n‘était que cela, il suffit d’en acheter une nouvelle. Si la référence fait défaut sur les rayons des vendeurs de pièces informatiques, on troue seulement le haut de la cartouche et on y verse l’encre. Et hop le tour est joué. Mais cette fois, c’est le microprocesseur intégré au système qui a fait des siennes. Sa fin de vie a tout bonnement sonnée à la millième copie. Ce phénomène de plus en plus fréquent est dû à l’obsolescence programmée des appareils high tech et électroniques. Ce processus consiste à baisser sensiblement la durée de vie de ces appareils que ce soit à travers l’arrêt de fonctionnement prématuré ou par l’impossibilité de faire de bricolage. Et chaque fabricant a sa propre façon de s’y prendre (pièce maîtresse non démontable et non remplaçable, appareil irréparable et jetable, absence de pièces détachés, détérioration physique rapide, notification de remplacement, date de péremption pour les produits alimentaires, application incompatible avec un SE courant etc.)

Origine et problèmes de l’obsolescence programmée

L’origine de ces méthodes techniques remonte dans les années après la fin de la Première Guerre mondiale. Le groupe Cartel qui réunit les géants de l’électronique comme Philips et General Electrics a alors décidé de limiter la durée de vie des ampoules incandescentes à 1000 heures. Depuis, cette réduction de durée d’utilisation d’un produit a fait de plus en plus d’adeptes chez les fabricants de divers appareils électroniques et aussi dans la quasi-totalité des produits utilisés au quotidien (stylos, détergents, shampooings etc). Ce principe pervers a pour ressort l’incitation des consommateurs à se débarrasser rapidement des biens de consommation non fonctionnels ou usagés et à en acquérir d’autres plus performants. En effet, si les produits ont une durée de vie infinie, cela ne va pas booster le chiffre d’affaires et les bénéfices des industries. L’obsolescence programmée est dénoncée par les écologistes qui accusent cette pratique abusive comme l’un des motifs de pollution (déchets massifs dans les ordures et les cash). D’autre part, le fait même de produire des appareils programmés non-durables met en doute la compétence des ingénieurs qui les ont conçus. Quoi qu’il en soit, depuis 2015 en France, les sociétés qui pratiquent cette concurrence déloyale sont passibles de 2 ans de prison et d’une amende jusqu’à 300 000 euros selon la loi sur la transition énergétique.

L’obsolescence programmée esthétique

Cette technique est non seulement exploitée dans la fabrication de divers produits (informatique, robotique, alimentaire, vestimentaire etc.) mais elle joue également sur la psychologie des chalands. L’obsolescence programmée esthétique influe sur la perception du consommateur. Si les anciennes générations prisent les valeurs d’épargne et les produits sobres de bonne qualité, la publicité fait miroiter des produits au design séduisant plus ou moins low cost. Les consommateurs sont alors facilement tentés de considérer un produit démodé ou vieux même s’il est toujours fonctionnel. Et ils vont acquérir les nouveautés qui vont les lâcher au bout de quelques mois. Enfin, notons que cette frénésie de surconsommation est encore plus favorisée par la crise car ce sont les moins aisés qui se tournent vers les appareils à prix abordable qui tombent en panne plus rapidement.

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